Description
(Conte pour
orphelins)Nouvelle postale n° 1.Un conte de fée pas vraiment
pour petits enfants sages ; par l’auteur d’Alice-Crime, une féroce
parodie des contes moraux d’autrefois !Extrait«Il y avait un jour un pauvre paysan, qui, outre ses deux chevaux, possédait la plus belle femme du pays. On le surnommait l’Homme aux Trois Chevaux, bien qu’il n’en possédât que deux, plus une femme la plus belle du pays, à cause d’une aventure qui lui était arrivée un soir d’hiver, alors qu’il jouait aux petits chevaux avec sa femme, fille du maquignon du village.Il entendit frapper à la porte, se leva, ouvrit et vit un fort bel âne déguisé en dominicain, qui lui demanda asile pour la nuit. Il tombait de la neige, comme dans les plus mauvais contes de Dickens, et l’âne semblait très fatigué.- Je reviens d’un bal masqué, avoua le quadrupède frigorifié ; je me suis égaré, malgré les picotins d’avoine que j’avais semés le long du chemin. Si vous pouviez me céder un coin d’écurie, je vous en serais fort reconnaissant et vous remercierais par un miracle, car je suis en fait le Bon Saint Joseph déguisé en Ane déguisé en Dominicain.Tout en parlant, il clignait de l’œil en direction de la femme, qui rougit violemment de se voir interpellée par un bel âne qu’elle ne connaissait pas et qui prétendait être Saint Joseph. L’Homme, plus alléché par le Miracle que par vraie charité, mena l’âne à l’écurie et le présenta à ses deux chevaux et à sa femme, qui couchait là d’ordinaire.La nuit vint pour de bon ; l’homme et la femme se séparèrent ; ils faisaient litière à part : la femme, très belle, préférant l’odeur chevaline aux ronflements sonores de son mari. Lorsqu’elle entra dans l’écurie, elle aperçut l’âne qui occupait sa place, le pauvre paysan ne possédant que trois litières, en plus de sa femme — de plus en plus belle. Elle se réjouit secrètement de voir l’âne installé sur sa paille, car elle avait entrevu, sous la bure du dominicain, un magnifique membre en érection qui la changerait, pensait-elle. des longues saucisses chevalines.L’âne racontait une histoire aux chevaux, qui les faisait bien rigoler : c’était l’histoire du Petit et du Grand Capucin, qu’il avait apprise à son passage à Taizé, lors du troisième rassemblement œcuménique pour la propagation des Miracles de Saint Joseph :« … Et le Petit Capucin lui répondit : mange des gaufrettes magiques ! » L’histoire était finie. Les chevaux rirent bruyamment, faisant trembler les murs, de mauvaise qualité parce que !e paysan était très pauvre. L’âne accepta volontiers de la répéter à la Femme qui était si belle et qui, il le savait, se donnerait à lui pendant la nuit — il n’était d’ailleurs venu chez le paysan que pour cela.Troublé par l’odeur de la femme, il termina l’histoire par :« … Et le Grand Capucin lui répondit : mange des gaufrettes magiques ! » Cette fois personne ne rit : cela changeait en effet tout le sens de l’histoire la rendant très triste.
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