Description
Format : 10,5 x 15 cm. Noir et blanc. 92 pages.
Version PDF : Baskerville_web
Extrait
En guise d’introduction (texte de 1990)
Amis lecteurs,
Voici enfin Les Poinçons de John Baskerville que vous attendiez tous et je vous dois des excuses pour le retard de livraison.
En voici les motifs :
Le tirage des lithographies originales de Ramón Alejandro a été confié à Jean-Luc Tahon (l’Atelier de la Licorne bleue, à Flavigny-sur-Ozerain, en Bourgogne). La réputation et le savoir-faire de ce lithographe le placent parmi les meilleurs spécialistes de sa profession. La qualité du tirage d’une « vraie » lithographie (c’est-à-dire quand l’artiste a travaillé directement sur la pierre, sans aucun subterfuge) dépend pour beaucoup du coup de main de l’imprimeur et de la qualité de l’encre. Jean-Luc Tahon utilise les encres Charbonnel, réputées les meilleures du monde pour la viscosité du médium et la noirceur des pigments. M. Charbonnel, un vieux Parisien sans descendance et jaloux d’un secret de fabrication qui se transmettait de père en fils depuis plusieurs générations, s’était bien gardé d’en confier à qui que ce soit la formule. Malheureusement, il décéda brusquement, emportant dans l’autre monde l’alchimie de son encre. Lefranc et Bourgeois rachetèrent la marque, persuadés que les techniciens maison parviendraient à en retrouver la composition. Quand Jean-Luc Tahon reçut une boîte d’encre Charbonnel made in Lefranc et Bourgeois, il s’aperçut avec horreur qu’une fois étalée sur la pierre, celle-là se diffusait dans l’eau, ce qui la rendait impropre à un tirage de qualité. J’ai moi-même assisté à ce remarquable (et épouvantable) phénomène dans son atelier. Après avoir accusé l’eau, les éponges trop neuves, le temps trop sec , il fallut se rendre à l’évidence : les chimistes de Lefranc et Bourgeois n’arrivaient pas à établir le contact avec le médium du vieux Charbonnel. Nous décidâmes, d’un commun accord entre l’artiste, le lithographe et l’éditeur, de repousser le tirage de la pierre (un magnifique morceau de calcaire extrait des carrières de Bavière, pesant ses quatre-vingts kilogrammes) jusqu’à ce que Jean-Luc Tahon mette la main sur une encre impeccable.




