Le Diable dans la chaudière

Exorciser une locomotive ?

Le 23 juillet 1882, la nouvelle ligne ferroviaire Auray – ­Quiberon doit être inaugurée avec les fastes républicains qui s’imposent. Mais, tandis que le préfet relit son discours sur le train vecteur de progrès, sous les ors de la République n’a-t-on pas aperçu une crosse et deux cornes ? Le diable serait-il ins­tallé dans la chaudière de la 121 Forquenot ?
Quant à Bécassine, qui vole au secours de la comtesse de Kercoz, son trajet entre la gare Versailles-Chantiers et celle de Saint-Briac (Côtes-du-Nord) sera semé d’embûches : cheminots syndiqués et locomotive asthmatique que les voyageurs devront pousser dans une côte.
Deux légendes ferroviaires décortiquées avec humour – et documents irréfutables à l’appui – par Olivier Joseph, historien du train.

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Description

Format : 10,5 x 15 cm. 58 pages. Noir et blanc.

Version PDF : diable bécassine_web

Extrait

[…]  En témoigne ce courriel reçu d’un correspondant, une autorité incontestable de l’histoire ferroviaire :
« Tout le monde connaît l’anecdote, le jour de l’arrivée du train à Quiberon, du curé débarquant avec ses ouailles en pleine cérémonie républicaine d’inauguration et exorcisant à grands coups d’eau bénite la… locomotive 121 Forquenot considérée comme une créature du Malin ! Pour les conservateurs catholiques, le chemin de fer apporte les habitudes (et les vices) de la ville, amène des populations étrangères déchristianisées au pays et permet aussi l’exode rural. »
Tout le monde connaît ? Je n’en suis pas certain…
En revanche, « tout le monde connaît » les légendaires superstitions des paysans, des paysannes et des recteurs bretons, leur indécrottable penchant à voir l’Ankou derrière le moindre poteau indicateur noyé dans la brume. Crédules, superstitieux, dévots, inféodés aux pires réactionnaires… L’affaire est entendue et l’épisode relaté par mon correspondant ne peut que nous conforter.
Intrigué, cependant, par ce court récit qui accumule les incohérences théologiques – un évêque n’exorcise pas un objet mais des personnes… – et les lieux communs historiques, muni, pour seul rituel d’exorcisme, des règles et des méthodes de la recherche historique, je me suis plongé dans les archives de cet événement : l’inauguration de la ligne stratégique d’Auray à Quiberon, le 23 juillet 1882.
Les archives font défaut pour relater cette inauguration. Mais les représentants de la presse bretonne ont bien fait les choses. Ce jour de fête, six journalistes étaient présents : ceux du Morbihannais, du Courrier de Bretagne, du Phare de Bretagne, de L’Avenir du Morbihan, du Petit Breton et de La Semaine religieuse.