Description
Les Anonymes contemporains, à ne pas mettre entre toutes les mains : sous-collection pour lecteur averti.Pour bricoleuses du samedi soir désireuses de choisir un amant temporaire dans une agence d’intérim… Travail soigné garanti. ExtraitAu Bazar de Paris, le service de location des mecs se trouve en sous-sol. Le présentoir main-d’œuvre temporaire, ils l’ont mis tout au fond des rayons outillages. Pas commode de l’atteindre, les veilles de ouiquinde. Il faut fendre le troupeau des pères de famille. Les Casanova du Karchêre, marque déposée, ces gros lards du bricolo : ça ne roucoule que devant des perceuses-tamponneuses ou des shampouineuses à moquette. De quoi me flanquer le cafard aux glandes. La veille du sabbat, ils ne se lavent même pas les dents, je te jure ; à eux tous, ça dégage un faisandé de la semaine que tu serres les cuisses.Heureusement pour l’odeur, la main-d’œuvre, elle, s’embauche sur dossier. On la trouve classée par spécialités sur présentoir tournant – menuiserie, plomberie, électricité, peinture, etc. Chaque mec, sa fiche avec photo couleurs, prénom, âge, poids, taille, couleur du cheveu, qualification, tarif horaire et code de réservation.Moi, pour le bricolage privé que je leur demande, hein, je regarde la gueule. Même s’il y a des photomatons qui trompent, je le mets au compte de la surprise.Côté professionnel, je trouve les peintres plutôt doués au caressant, l’entraînement du pinceau, probable, et les électriciens assez délicats à me titiller le clitoris, la maîtrise du tournevis cruciforme, j’imagine. Mais on ne peut pas établir de règle. Ça dépend des individus, ce genre de talent intime.Cette semaine, il avait fait novembre. J’avais dans l’idée de m’offrir un type un peu exotique. Ça tombait bien, rapport choix : on trouve beaucoup d’immigrés récents dans le temporaire de ouiquinde – ils n’ont pas de famille pour les retenir à la maison.
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