Mors Veinifera. Comme les autres

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UGS : NP11 Catégorie : Étiquette :

Description

ExtraitMORS VEINIFERA Hamlet — Qu’avez-vous fait de la bouteille de gin ?Le Fossoyeur. — J’ai tout bu.Hamlet —  Tout bu, or not tout bu…. J’allais régulièrement tous les soirs, à cette époque, dans un petit café de la rue de Rennes, où je rencontrais une dizaine de camarades, étudiants ou artistes. Parmi ces derniers, un grand jeune garçon, sculpteur, très doux, même un peu naïf. On l’appelait, je n’ai jamais su pourquoi, le Raffineur.Au bal Tonnelier, le Raffineur, un soir, leva une toute jeune fillette très pâle, dont les grands yeux bruns jetaient parfois d’inquiétantes flambées. Il s’y attacha beaucoup et, dès lors, ne la quitta plus.Elle s’appelait Lucie.On ajouta de Lammermoor, qu’un loustic de la bande transforma en la mère Moreau. Le nom lui resta.Tous les soirs, régulièrement, vers neuf heures, le Raffineur et la mère Moreau arrivaient à la brasserie.Lui faisait une partie de billard, tandis qu’elle s’installait devant les journaux illustrés, écoutant gravement les compliments qu’on lui faisait sur ses beaux cheveux noirs, sur son exquise peau blanche et sur ses grands yeux bruns.Vers cette époque, je ne me rappelle pas comment cela arriva, le démon du jeu s’empara de nous. Le poker devint notre seul dieu.A notre table, au lieu des tranquilles causeries d’antan, retentissaient : Tenu !… Plus cent sous !… Deux paires au roi !… Ça ne vaut pas une quinte à la couleur !Un soir, le Raffineur vint sans Lucie.— Et la mère Moreau ? demanda-t-on en chœur.— Elle est à Clamart, chez une de ses tantes qui est très malade.La tante de Clamart nous inspira à tous un doux sourire.Ce soir-là, le Raffineur gagna ce qu’il voulut. Nous échangions des regards qui signifiaient clairement :— Quelle veine de cocu !Mais le Raffineur était si gentil qu’on évitait soigneusement de lui faire de la peine.

Informations complémentaires

Dimensions 10,2 × 21 cm

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