Description
Des dangers de l’aérostation et des sucreries…Extrait– A ton tour !Une grande bourrade dans le dos me précipite dans le vide. Je tombe comme une pierre.– Bats des ailes, bon sang ! Bats des ailes !Le n° 1, qui a sauté le premier, me montre comment actionner avec les épaules les élytres en carton collés sur le maillot rayé jaune et noir.Comme il est ridicule ! Et ces lunettes d’aviateur, qui lui font une tête de doryphore volant. Non mais !… Et dire que je suis déguisé comme ça !– Eh !Frout ! frout ! il agite les épaules ; les ailes vibrionnent.– Fais comme moi, sinon tu vas te ramasser dans la mélasse. Salut !Il se marre.La gelée rosâtre clapote, dangereusement proche. Qu’est-ce que je perds à essayer ? J’imagine la tête des filles : Roberte, Simone, toutes les copines penchées au-dessus de l’Aquarium, gondolées. Quel pari stupide !La mélasse n’est plus qu’à deux ou trois mètres. Instinctivement, je fais des moulinets avec les épaules : hou ! houp ! je remonte comme un bouchon au niveau des filles. Ça marche réellement… Je n’en reviens pas !– Oh ! vas-y mollo… Faudrait pas dépasser les nuages !Roberte hurle de rire.Fumace, je me laisse glisser. Quelques mouvements intempestifs me font zigzaguer comme une mouche saoule, mais je parviens rapidement à maîtriser le vol. Je dois avouer que la sensation n’est pas désagréable. Janine et Simone, les garces, m’envoient des bises toutes collantes de barbe-à-papa.J’apprends vite. Un petit staccato, frout ! frout ! frout ! et rase-mottes sur les doudounes des demoiselles ; elles reculent précipitamment et se barbouillent le museau de gaufre-chantilly ! Ah ! ah ! c’est moi qui rigole, à présent !Je virevolte, loope et pique vers la mélasse. Le n° 1 fait du stationnaire tout en trempant son doigt.– Dis donc, c’est drôlement bon, ce truc, et énergétique !Parfaitement immobile, très décontract dans son “déguisement”, il me tape sur l’épaule :– Ça ira ?La chaude complicité des as de l’aviation…Je ne trouve plus ma tenue collant/maillot rayé si dérisoire, même les antennes en plastique, plantées sur le casque en Polystyrène noir… Au début, j’étais mort de honte, et la grande Josiane qui ricanait en agitant les doigts au-dessus de ses oreilles. En fait, c’est épatant pour l’équilibre et, quand je regarde les n° 1 et 2, j’admire : c’est chic, vraiment !
Avis
Il n’y a pas encore d’avis.