Description
Un panorama complet, richement illustré, de la chaise à travers les âges… En bonus, une chaise à construire soi-même !ExtraitIl n’est pas facile de faire tenir dans un ouvrage de taille modeste un sujet aussi vaste que l’histoire de la chaise, sujet qui a connu de surcroît, dans les cinquante dernières années, sous l’impulsion des travaux conjoints de Giuseppe Maderna et Lewis-Karl von Butterknife, un bond en avant spectaculaire. On nous pardonnera donc les omissions inévitables et autres simplifications auxquelles nous ont contraints les exigences de cette édition destinée à un large public… Notre souci constant aura été, en effet, dans la rédaction du présent ouvrage, de concilier la plus grande exactitude et l’indispensable clarté, sans jamais fourvoyer le lecteur profane dans des querelles de spécialistes. Ceux qui voudront aller plus au fond du sujet pourront du reste s’appuyer sur les nombreux dossiers auxquels renvoie la bibliographie située en fin de volume.Au commencement était la brancheTout le monde aujourd’hui s’accorde à reconnaître dans l’exemplaire du Musée de Ninive (n° 243), miraculeusement préservé dans une tourbière, la première chaise connue de l’histoire humaine. Bien entendu, l’objet ne rappelle que de très loin nos chaises modernes, et reste encore très proche du modèle naturel ayant fourni l’idée au lointain artisan qui, il y a sept mille ans environ, conçut ce siège rudimentaire : une branche fourchue dont la pointe est traversée perpendiculairement par un manche grossier (voir croquis ci-contre). Signalons au passage que la thèse de Roy Ackerman, selon laquelle il s’agirait en fait d’une arme offensive comparable dans son maniement aux boomerangs utilisés par les Aborigènes australiens, n’est plus admise par aucun spécialiste sérieux. Il convient de s’arrêter un peu sur cet archéotype, ne serait-ce que pour mesurer le chemin parcouru depuis. Tout d’abord les pieds – qui, permettant de surélever le bassin, évitent, au moment de s’asseoir, une fâcheuse projection du centre de gravité somatique en dehors du polygone de sustentation délimité par l’écartement pédestre – sont encore absents de ce lointain ancêtre ; l’assise proprement dite reste très inconfortable : la barre centrale partage en deux le fessier, comprimant les chairs ; le dossier évidé, enfin, soutient mal la colonne vertébrale, contraignant les muscles à une crispation passablement fatigante pour maintenir le buste en érection : autant de problèmes qui se trouveront peu à peu résolus avec bonheur au cours des siècles, mais qui ne devaient pas être ressentis avec la même acuité par notre lointain aïeul…
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