L’Amateur de conversation

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Description

Édition originale (le texte a été repris dans le recueil l’Amateur, publié à l’Escampette en 2001). Le dessin de Fred Deux a été gravé par Cécile Deux.Le tirage de tête est épuisé.L’évocation des rapports amoureux d’un homme et d’une prostituée, le désenchantement de la ville, les multiples niveaux de la narration, tout concourt dans ce livre à nous plonger dans un trouble vertigineux. Extrait    sous ces nuées haillonneuses, usagées, douteuses, et comme pour nous abriter de la sépia de brume qui délabre la ville, nous conversons parfois, passant le temps dans l’oubli de la succession des âges    Céline parle et je voudrais m’empêcher. Chaque mot me traque, me séduit     je ne peux pas     et je finis toujours par la questionner- … ce soir-là. . .    lorsque Céline me regarde et que mes yeux lui répondent, dans les moments où l’échange advient en dépit de moi-même, elle finit toujours par dire— Quand on va vers la mer, l’hiver, et que le vent pénétrant est plein de noyade…    ou— Tu sais bien qu’on n’aime pas une femme comme moi…    il est vrai aussi que l’amour ne commence vraiment qu’à l’instant et là où il est impossible     je l’ai vue aimer comme une damnée     même la souffrance n’est pas une preuve de l’amour     ne rien savoir de ces hommes plutôt beaux, sombres, velus sans doute, et riches, à qui elle s’attache si méchamment     ils paient     j’ai cru comprendre qu’avec l’argent elle restaure sans relâche une dignité que ses menues démarches effritent sans cesse, qu’elle perd — croit-elle peut-être — avec moi ou mes semblables, consommateurs exilés     le vertige    elle me parle et le vent qui remonte l’estuaire claque dans les mots comme à travers une lessive depuis peu suspendue ; de vieilles chemises dont les manches se rabattent avec des pudeurs dérisoires     chacun à l’une de ses extrémités, nous habitons un grand port, et moi aussi je marche la nuit, essayant de traiter l’attente     c’est pourquoi je l’imagine aisément ce soir-là faisant les cinq pas dans un sens, puis dans l’autre, attendant     dans le quartier le plus cossu, un ensemble de façades courbes orne un petit marché couvert     les denrées, dans la journée, y sont coûteuses, et les belles de nuit, dont au soir le négoce prend la relève de celui des marchands de volailles et des maraîchers, y sont effectivement belles, et intelligentes le plus souvent, quoique folles dans une notable proportion ; au lieu que dans les ruelles avoisinant les quais on ne rencontre guère que des créatures dont l’esprit fut tôt éprouvé et amoindri par les vicissitudes de la plus morne des vies— Ma voiture était en panne — une bêtise — mais je n’ai pas voulu perdre ma nuit. Ah bien oui ! Parlons-en !    ainsi donc seule        mais, en quelque sorte, respectée pour sa vaillance et reconnue pour sa générosité     peu avant, elle avait partagé un riche fantaisiste avec une noire— Des jambes ! Je la faisais marcher dans la chambre avec seulement son chandail sur le corps… comme si elle dansait toujours… ça me faisait du bien… je ne pouvais pas m’arrêter…    avec des soupirs rauques et affamés

Informations complémentaires

Dimensions 25 × 32 cm

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