How I met Bob (Comment j’ai connu Bob)

1,50  TTC

6 en stock

UGS : 2-86807-115-5 Catégorie :

Description

Édition bilingue anglais/français… Mais il y a quelques petits écarts de traduction (volontaires) entre les deux versions… A vous de les trouver!Hommage sensible et malicieux à Bob Dylan et à son alter ego français, Hugues Aufray, un récit musical et émouvant Collages : René Troin sur des photos de Sylvette Rivaux-Troin.Stop press! No collector’s record sleeve has been injured during the making of this opuscule.Dernière minute ! Aucune pochette de disque de collection n’a été maltraitée durant la réalisation de cet opuscule.Extrait“Oh”Bob Dylan,Motorpsycho NightmareIn the summertime, down in the south of France, when it is really hot, the air smells sunny.One afternoon, I was lazing in my room on the first floor, when my best friend called from the street.“Let’s go to Hyères and buy the single by Procol Harum!”, he said.It was early July of ’67. A Whiter Shade of Pale was on its way to the top of the charts.“I’m coming!”, I said.And a few minutes later, riding antique bikes – as heavy as buckets of rain –, we were sweating our souls.One year and four months earlier, deep winter was still grabbing the fruit trees in the nude.Once upon those long-gone days, in La Crau (my hometown, in the inner lands, spreading its hamlets through a wide plain surrounded by rocky hills), the secondary school was under sharp rules and regulations.One Wenesday evening, in the study room, Dotty Bill – as we called him behind his back – the supervisor was on duty. So we could enjoy a bit of a chat. Anyway, I was not of the talkative kind. And that very moment, just minding my own mathematical business, I was trying to solve an equation – simple maybe, but not enough for me.All of a sudden, that guy on the seat ahead of mine turned to stare at my tormented face.“I guess you could do with some help”, he said.And, without waiting for my permission, he took my sheet away from my pen.God knows I was shocked. As a member of the classics clan, I was not supposed to be annoyed by a worshipper of the slide rule.“Here you are, I’m finished with it”, he said some minutes later, putting back the sheet blackened with five lines of letters and assorted numbers on the table. “Now, let’s come to serious matters”, he added. “Do you know the Beatles?”“Why do you ask?”“I’ve been told you’re quite a connoisseur of rock music.”“Pulling my leg?”“I would never dare! It’s just you have got a reputation, you know. That scandal you broke during a music class…”“No!”, I pleaded “Not that story again!”“What’s wrong with that story? I’ve longed to meet you. Congratulations! According to the rumour that spread like a hurricane, you scored a goal with Miss Sniffy.”“I don’t see why. In retrospect, I don’t see anything I can be proud of.”Actually, when I was asked who my favourite composer was, I claimed that Antoine (a lousy French folksinger that, some years later, proved to be a real phoney) was Mozart’s twin.“To tell the truth”, I said to slip to a new topic, “It’s Bob Dylan I like. Ever heard of him?”“I have already heard his name”, he said. “And a couple of his songs by Hugues Aufray of course!”“You’ve got to know the real voice, it’s something you know! Listen to the man or stay deaf! Make a choice!”Sometimes you’ve got to deliver definitive messages.“Got records?”“Yes… Well, only one in fact.”“Will you lend it to me?”He was going a bit fast for me. I didn’t even know his name!« Yeah ! »Hugues Aufray,Cauchemar psychomoteurDès que le printemps revient, dans le sud de la France, l’air, certains jours brûlants, a l’odeur du soleil.Un après-midi, j’étais dans ma chambre quand mon meilleur ami de tous les temps m’a appelé depuis la ruelle.« On va à Hyères acheter le quarante-cinq tours de Procol Harum ? »Ce début de juillet 1967, A Whiter Shade of Pale entamait son ascension vers le sommet du hit-parade.« D’accord. Je descends. »Quelques minutes plus tard, en nage, nous peinions sur nos vélos – deux antiquités lourdes comme un Stewball mort.Un an et quelques mois plus tôt, l’hiver s’accrochait aux arbres déserts.Au collège de La Crau (ma petite ville natale, à l’intérieur des terres, qui a semé ses hameaux dans une large plaine cernée par des collines rocheuses), le règlement intérieur était sévère.Un mercredi, à l’étude du soir, La Varicelle – comme nous appelions ce pion-là dans son dos – étant de service, nous pouvions parler. Raisonnablement bien sûr… De toute façon, je n’avais pas la tête à ça. Aux prises avec une équation du premier degré, j’avais du mal à quitter le palier.Soudain, le type assis juste devant moi se retourna pour voir ma gueule de souffrance.« Il me semble que tu as besoin d’aide », souffla-t-il.Et sans demander la moindre permission, il arracha ma feuille double à l’affection de mon stylo.« Dieu que c’est dur d’être modeste », direz-vous peut-être après avoir lu la phrase qui vient après celle que je m’apprête à écrire. Mais il faut remonter au contexte de l’époque. En tant que littéraire, je n’étais pas supposé me voir importuner par un adorateur de la règle à calcul.« Et voilà le travail ! triomphait-il l’instant d’après en me rendant ma feuille noircie d’un assortiment de lettres et de chiffres. Maintenant, on peut passer aux choses sérieuses. Tu connais les Beatles ?– Pourquoi tu me demandes ça ?– On m’a dit que tu es une autorité en matière de pop music.– Tu te foutrais pas un peu de moi, là ?– Je n’oserais pas ! C’est juste que tu t’es taillé une réputation après le scandale que tu as fait en musique.– Oh non ! suppliai-je. Pas ça ! C’est de l’histoire ancienne !– Peut-être, mais avec un H majuscule ! Ça fait un moment que j’ai envie de faire ta connaissance. Si j’en crois la rumeur, qui se propage comme la joie chez les marins du Santiano le jour où la vigie a crié “Hé, les gars, je vois les feux de Saint-Malo !”, tu as marqué un point avec Miss Pèt’sec.– Franchement, avec le recul, je ne vois pas de quoi être fier. »