La Lettre close

1,50  TTC

18 en stock

UGS : 2-86807-040-X Catégorie :

Description

Couverture : détail d’une lithographie d’Édouard Traviès. D’étranges chasseurs rôdent sur la lande bretonne…Extrait“Ils sont encore venus…”, soupire Divannac, pendant que Resengez rassemble les sacs sur la banquette arrière de la voiture. La cour de la ferme est inondée de soleil. Le vent d’ouest sèche déjà le pré. Divannac s’agite. Resengez arrive avec la clef et un des sacs. Divannac répète : “Ils sont encore venus…” à l’intention de Resengez. Il tient la lettre dans la main droite. Resengez pose le sac sur la marche devant Divannac et, avant de repartir vers la voiture, elle dit : “Faut pas céder…” Divannac répète une première fois, d’une voix ferme : “Faut pas céder”, puis une deuxième fois, entre ses dents, et il franchit le seuil de la maison, un sac dans une main et la lettre dans l’autre. Resengez le rejoint tout de suite à la cuisine avec les deux autres sacs. Elle ouvre les portes du buffet et commence à ranger. Divannac s’est assis sur un tabouret. Il souffle en roulant une cigarette. Quand il a fini, il demeure immobile, accoudé sur le coin de la table, fixant la haie d’orties qui commence à masquer la fenêtre. Resengez aperçoit la lettre sur la table. Alors, elle va s’asseoir à côté de Divannac, et elle dit : “Ils savaient bien qu’on n’était pas là, c’est toujours la même chose…” Elle s’est accoudée, elle aussi. Ils regardent par la fenêtre où défile un nuage à travers les orties. Divannac écrase lentement le bout de la cigarette entre ses doigts, il met le mégot dans la poche de sa veste, et il se lève en disant : “Eh bien, je vais faire un tour…” Resengez se tait.*Le vent a tourné au suroît. Il fait doux mais le ciel se couvre lentement. Divannac pense qu’il reste bien trois heures de grand jour. Il traverse la cour, s’arrêtant une fois pour écraser du talon une motte sèche, et se dirige vers la grange. Tout proche, un hennissement retentit. Divannac murmure : “Je viens… Je viens…” Il compte deux mesures d’avoine dans un panier de bois. En sortant, il saisit son bâton qui sert à tenir jointe la porte à demi-dégondée qui commence à grincer derrière lui. La jument se frotte contre la barrière de l’enclos, elle donne un coup de tête contre son épaule pendant qu’il verse l’avoine dans l’auge. Il pose le panier et, un moment, regarde manger la bête qui tressaille sous les essaims de mouches, puis, son bâton bien en main, il prend le chemin de la lande.Divannac “fait son tour” chaque jour ; tantôt le matin, tantôt le soir. Sans s’arrêter, il met un peu plus de deux heures ; mais souvent, lorsqu’il atteint le bord de la falaise, il s’offre une halte pour regarder la mer. Par temps clair, la vue porte jusqu’à l’île. Divannac observe la longue épave de granit qui tremble à fleur d’eau. Parfois, sous l’effet des changements précipités de la lumière, l’île semble tourner sur elle-même autour du phare. Divannac cligne des yeux, hume l’air du large et conclut, par un tic du visage ou un haussement d’épaules, des pensées dont il n’a personne à qui faire confidence.Le sentier suit à peu près le contour de la falaise qui protège des marées et des rafales une dépression naturelle dont le fond est couvert de végétation marécageuse où nichent, au printemps, des couples de colverts.A l’automne, s’il n’a pas trop plu, les bécassines sont nombreuses sur les prairies basses qui prolongent, à l’est, le marais. Elles fuient sous les bottes dans un craquement de bois sec, puis s’enivrent très haut dans le vent.

Informations complémentaires

Dimensions 7,5 × 10,5 cm

Avis

Il n’y a pas encore d’avis.

Soyez le premier à laisser votre avis sur “La Lettre close”

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *