Description
Nouvelle postale enfantineFaire appel à l’enchanteur Démago
et à sa gomme magique pour effacer tout ce qui vous ennuie (parents, frères et
sœurs, école…) n’est pas sans risques. Heureusement, la bonne fée Classic’ veille !ExtraitA Clotilde, ma fille.Des quatre enfants de la famille Bols, Mathieu, le troisième, était le plus renfermé, le plus solitaire. Il avait huit ans et jalousait secrètement ses trois sœurs.Il jalousait Maud, douze ans, parce qu’elle s’habillait différemment, avec des chaussures à talons, une robe à pois bleus et des collants.Il jalousait Delphine, dix ans, parce qu’elle était toujours première en classe et que ses parents envisageaient des sacrifices — c’est l’expression qu’ils utilisaient — pour lui permettre de poursuivre ses études.Il jalousait Katia, parce qu’à six ans, elle était celle qu’on chérissait le plus.Et parce que son père et sa mère autorisaient Maud à s’habiller comme une grande, récompensaient Delphine pour ses bons résultats scolaires, et entouraient Katia de toute leur protection, il détestait ses parents. Il faut ajouter que Mathieu se souciait fort peu de sa toilette, obtenait des résultats moyens à l’école, et ne ressentait pas un grand besoin de tendresse.Son père n’était pas bien riche. Il conduisait une ambulance. Mathieu avait demandé à son père de l’emmener faire un tour en ambulance et d’actionner la sirène. Celui-ci avait dû refuser en prétextant que la voiture n’était pas à lui, mais au SAMU. Mathieu détesta également SAMU, l’imaginant sous les traits d’un chef de tribu cannibale.Sa mère n’était pas bien riche non plus. Elle était caissière dans un supermarché, Mathieu ne comprenait pas pourquoi sa mère ne ramenait pas plus de bons desserts à la maison. Après tout, n’était-ce pas son magasin ? Et une bonne vendeuse ne devrait-elle pas avoir le droit de prendre pour ses enfants ce que bon lui semble ?Mathieu logeait dans une petite chambre, alors que ses trois sœurs en partageaient une plus grande. Il y restait enfermé des heures, et ne se rendait qu’au dernier moment à la table familiale. Il prenait tous les autres enfants en grippe et n’aimait qu’être seul.Il se fabriquait des maisons, faites de cartons d’emballage, ou de cageots, voire de sacs en papier, pour s’isoler au maximum de ce monde qui lui avait inoculé le virus de la jalousie. Il se regardait dans une glace et se trouvait beau, en tout cas plus beau que n’importe quel autre.Un soir, alors que ses parents dormaient et qu’il lisait un recueil de bandes dessinées, sous ses draps, à la lueur d’une lampe de poche, il sentit qu’on tapotait son épaule. Il releva la tête. Il aurait pu avoir peur mais, au contraire, il fut rassuré. L’enchanteur Démago se tenait devant lui. Il ressemblait à un présentateur de télévision bien connu. En ce temps-là, en effet, les enfants découvraient le Monde et la Vie à travers une petite fenêtre nommée télévision. Ils passaient des soirées entières à regarder fixement l’écran jusqu’à ce que leurs yeux se ferment. Heureusement, de nos jours, les parents couchent leurs enfants plus tôt. D’ailleurs, la télévision n’amuse plus guère les enfants…
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