Karel Čapek
Né en 1890, Karel Čapek, grand ami du premier président tchécoslovaque, Tomáš Garrigue Masaryk, eut la présence d’esprit de mourir à mi-chemin entre les accords de Munich et l’entrée des Allemands à Prague, contrairement à son frère, le peintre Josef Čapek, qui disparut au camp de Bergen-Beltsen.
C’est d’ailleurs à ce frère que le monde doit un mot devenu commun : robot, qui apparut pour la première fois dans une pièce de Karel Čapek, R.U.R, créée à Prague en 1921, avant d’être reprise à New York dès l’année suivante.
Pionnier de la science-fiction, visionnaire – la pièce La Maladie blanche (1937) n’est pas sans rappeler une pandémie récente –,
traducteur du français (Apollinaire), photographe, féru de jardinage, journaliste, Karel Čapek fut, à partir de 1921, rédacteur aux Lidové Noviny, un quotidien qui vient d’ailleurs pratiquement de fermer boutique. C’est dans ses colonnes qu’il fit paraître, de janvier à septembre 1929, les 24 « contes de l’autre poche », ceux de « la première poche » étant publiés la même année par la maison d’édition Aventinum.
Personnage central de trois nouvelles, le commissaire Bartošek passa d’une poche à l’autre. Notons que dans l’une de ces nouvelles, Les Traces – conte tiré de la première poche –, Čapek revisite une énigme chez lui récurrente puisqu’une nouvelle précédente, sinon deux, s’en inspirait déjà, mais sur un mode plus fantastique. C’est d’ailleurs cette précédente version que Čapek vise directement en faisant dire à son personnage, Monsieur Rybka : « J’ai lu une fois quelque sornette où il était question d’une trace de pas dans la neige, mais, ici, il y en a toute une suite. »
Patrick Viret
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